Chers membres d’ACSIS, amis et acteurs de la Société Civile africaine pour les TIC et le développement durable.

Il y a quelques années, en juin 2003, à l’occasion du 1er Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) à Genève, nous lancions ensemble le réseau panafricain ACSIS en vue promouvoir une Société de l’Information Solidaire et Inclusive en Afrique. C’était un processus héroïque et abouti grâce au militantisme aguerri de vaillants fils et de vaillantes filles de l’Afrique qui, certainement, se reconnaîtront.

Depuis lors ACSIS a été formellement créée et a commencé à fonctionner avec toutes les péripéties liées à la croissance. A ce jour, ACSIS dispose de statuts et de règlement intérieur, ainsi que de tous les instruments légaux avec sa reconnaissance par le Gouvernement du Sénégal en 2008. ACSIS est également membre de l’UIT depuis 2010, du FSN, etc.

A travers ses membres, ACSIS participe activement à toutes les concertations internationales sur les TIC et le Développement en Afrique et dans le monde. Avec plus ou moins de succès, les coordinations nationales et régionales et les membres individuels d’ACSIS ont aussi apporté leur concours à travers la création d’IGF nationaux, régionaux des, des ateliers d’information, de formation et de sensibilisation sur les enjeux des TIC.

Ces réalisations n’auront pas été possibles sans l’accompagnement inestimable des peuples et gouvernements malien, tunisien sénégalais et sud-africain mais aussi d’institutions partenaires comme la CEA, l’Union Africaine, l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Union Internationale des Télécommunications, la CNUCED, etc.

Passées les envolées lyriques et passionnées de la période militante, nous devons amorcer un nouveau virage vers de nouveaux caps. C’est ce à quoi je vous appelle pour que tous ensemble nous relevions le défi d’une société de l’information solidaire,ouverte, inclusive et responsable en Afrique. Pour cela, nous devons redoubler d’efforts et de vigilance. Malgré des avancées certaines, l’inclusion numérique reste une chimère pour une bonne partie d’africains :

  • Les coûts d’Internet et des télécommunications en général restent très élevés en raison de la faiblesse des revenus des ménages et des marges élevées pratiquées par les opérateurs
  • les taux Pénétration de l’Internet restent relativement bas (autour de 20% en moyenne) par rapport au reste du monde.
  • nous surfons encore largement sur le Net en utilisant des langues qui ne sont pas les nôtres. Ce qui limite l’accès potentiel au numérique et en exclut les personnes non alphabétisées
  • les contenus locaux et adaptés nous font très souvent défaut
  • nous sommes souvent réduits à être de simples utilisateurs sans grande prise sur les processus
  • la généralisation de la téléphonie mobile ne saurait à elle seule combler le déficit réel d’accès aux connaissances et savoirs partagés pour tous pour reprendre le doyen Adama Samassékou
  • l’Afrique ne bénéficie pas assez des retombées du secteur des TIC : La plupart des compagnies TIC opérant en Afrique qui sont les plus prospères de notre continent, sont aux mains de multinationales étrangères
  • L’économie Numérique en Afrique est moins une opportunité qu’une vache à lait…
  • les défis des déchets électriques et électroniques restent entiers dans notre continent
  • la cybercriminalité et ses expressions multiformes nous préoccupent chaque jour davantage
  • nous courrons aussi le risque de la ‘gadgetisation-peoplisation’ avec la place que prend le divertissement dans notre accès à Internet (à travers notamment les réseaux sociaux), nous détournant des vrais enjeux (Savoirs, connaissances, créativité, emplois, etc.)
  • Il n’y pas toujours des politiques adéquates permettant aux TIC de jouer leur rôle de levier. Et même s’il y en a, la gouvernance de l’Internet et la mise en œuvre restent un défi majeur
  • Nos conversations les plus intimes, les informations nous concernant (plus de 90% des serveurs de courrier électronique et de sites web), les données stratégiques concernant nos états, y compris les plus sensibles, sont enregistrées et stockées dans des serveurs gigantesques contrôlés par (appartenant à) des compagnies privées et situés en dehors de l’Afrique
  • etc.

C’est l’ensemble de ces défis et d’autres encore, que nous devons relever ensemble, si nous voulons que les TIC soient un vrai vecteur de développement. Nous devons aussi être des acteurs vigilants et non plus seulement des utilisateurs : Nous devons être des promoteurs de TICS utiles. A nous de transformer ces défis en autant d’opportunités pour susciter la valeur ajoutée, l’innovation grâce à des actions concertées de sensibilisation et de formation, pour des ressources humaines de qualité.

Ce site que vous allez découvrir est le vôtre. Il se veut une contribution concrète de la SCA à l’émergence d’une Afrique connectée mais responsable de son propre développement. Nous espérons pouvoir compter sur l’engagement de chacune et de chacun, avec l’aide de nos partenaires pour en faire un outil au service des peuples et gouvernements d’Afrique en adéquation avec les objectifs globaux de développement durable.

Inscrivez-vous, partagez vos idées, sensibilisez, informez sur vos évènements, pesez sur les destinées de notre continent à travers cette plateforme web, FB et Twitter.

 Vive l’Afrique 
Pour des TIC utiles, durables, solidaires et responsables !!!

Cissé Kane
Novembre 2015